mardi 21 août 2012

Indemnisation : il faut prévoir un montant proportionnel

Dans son arrêt n° 348676 du 22 juin 2012, le Conseil d’État a rappelé les règles en matière d’indemnisation du titulaire d’un marché.
En l’espèce, la chambre de commerce et d'industrie de Montpellier a conclu une convention avec le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault (SDIS). L'article 9 de la convention prévoyait un renouvellement tacite périodique et qu'en cas de non-renouvellement, « la partie à l'initiative du non-renouvellement devrait verser une indemnité égale à cinq fois le montant forfaitaire annuel prévu par la convention ». La Chambre ayant décidé de ne pas renouveler la convention, le SDIS a émis un titre exécutoire d’un montant équivalant à l’indemnisation prévue dans la convention.
Le Conseil d’État a rappelé « qu'en vertu de l'interdiction faite aux personnes publiques de consentir des libéralités, un contrat administratif ne peut légalement prévoir une indemnité de résiliation ou de non-renouvellement qui serait, au détriment de la personne publique, manifestement disproportionnée au montant du préjudice subi par le cocontractant du fait de cette résiliation ou de ce non-renouvellement ». Il a ensuite considéré que l’indemnité en cause, qui équivaut aux recettes que le SDIS « aurait perçues si l'exécution de la convention s'était poursuivie pendant cinq années, sans qu'en soient notamment décomptées les charges afférentes à cette exécution, présente un caractère manifestement disproportionné au regard du préjudice causé au SDIS par le non-renouvellement de la convention ». Il en a conclu qu’en ne jugeant pas cette indemnité comme manifestement disproportionnée, « la cour administrative d'appel de Marseille avait commis une erreur de qualification juridique ». Le Conseil d’État a, en l’espèce, qualifié la clause indemnitaire d’illicite.


L'arrêt

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire